Stéphane Herbert : La Grande Motte 2/2

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

La Grande Motte, Stéphane Herbert

La Grande Motte, crédits photographiques : Stéphane Herbert

Quelques questions au photographe Stéphane Herbert à propos de son travail à La Grande Motte.

 

Comment as-tu été amené à travailler à La Grande Motte ?

– J’ai d’abord travaillé sur les villes de Brasília (Brésil) et Chandigarh (Inde). J’ai eu l’occasion de présenter une exposition sur ces deux capitales de la modernité dans une dizaine de villes en Inde ainsi qu’au Musée National à Brasília. En France, son itinérance a commencé par Firminy (Loire). La Grande Motte m’a invité à montrer en plein air quelques-unes de ces images. Il m’a également été demandé de photographier cette cité balnéaire, d’y porter un regard.

 

Quel rapport entre ces trois villes ?

– Chandigarh et Brasília sont un peu comme les « grandes soeurs » de La Grande Motte. Bien qu’elles soient issues du mouvement moderne, toutes trois proposent des architectures assez distinctes qui les caractérisent. Si elles ont successivement créé la surprise au moment de leurs constructions, elles furent aussi dénigrées durant quelques décennies. Elles sont maintenant arrivées à maturité, et dans les trois cas, il s’agit de villes-parc qui offrent du bien être, selon la plupart des habitants. Brasília est classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1987. Selon une norme très novatrice d’ailleurs, puisque ce sont les différentes échelles de la ville qui sont protégées et non un style particulier. Chandigarh devrait intégrer le classement global de l’oeuvre de Le Corbusier. La Grande Motte, labellisée « Patrimoine du XXe siècle » en 2010, est reconnue comme un exemple de patrimoine moderne. Ces trois villes nous interpellent sur la place de l’homme dans la cité, la modernité et l’utopie urbaine. Toutes proportions gardées, elles sont toutes trois de formidables aventures, architecturales et humaines !

 

Comment as-tu procédé pour photographier La Grande Motte ?

– Comme à Chandigarh et Brasília, j’ai voulu circuler en vélo et à pied pour mieux appréhender la ville : c’est vraiment LE grand luxe de La Grande Motte ! Bien sûr, l’architecture, l’urbanisme, la symbolique et la poésie de Jean Balladur invitent à l’étonnement. Sa conception philosophique d’une dualité harmonieuse m’a d’ailleurs incité à faire des photos tout en contraste, focalisant sur la densité de la lumière et des ombrages, les voluminosités de béton et la végétation presque omniprésente. J’ai cherché à composer des images intégrant la dimension structurale et spatiale de la ville avec la présence humaine in-situ.

 

Tu n’es pas à proprement parler un « photographe d’architecture » ?

– Effectivement, je viens plutôt du reportage, de l’anthropologie visuelle. L’aspect humain est essentiel dans mon approche de l’architecture. J’ai essayé de capter ce rythme qui est particulier à La Grande Motte, l’agréable rapport à la ville, en déambulant dans la plupart des quartiers. Je peux agir sur le vif ou en attendant patiemment le passant, ce qui me donne aussi le temps d’apprécier la qualité du lieu. Je cherche de belles compositions, naturelles et spontanées, entre la posture des gens, les structures architecturales, l’espace public : Telle cette jeune femme venant s’étendre pour une lecture sur la pelouse de la Place du Cosmos, ou encore ce gamin s’élançant avec sa serviette de bain entre les pyramides du Concorde et du Commodore. Il y a des lignes, des formes, des attitudes, du mouvement.

 

Quels sont les lieux que tu affectionnes et qu’est-ce qui t’aurait éventuellement déplu ?

– Certes, cette cité dédiée au soleil est bien plaisante. Cependant, il est triste que la plateforme du Point Zéro et le Mur des Méditations restent inaccessibles. Je suis aussi tombé sur des panneaux « Jeux d’enfants interdits »…n’importe quoi ! Dommage aussi que la douche-fontaine de la Place de L’Homme ne coule plus… Ceci dit, j’ai beaucoup aimé la très digne Place du Cosmos dont la « boule rouge » de Michèle Goalard est une étape ludique sur le chemin de la plage. J’aime aussi beaucoup le patio aéré et ondulant de l’Acapulco, toutes les variations de modénatures pleines de fantaisie, la fantastique fresque de Routier dans le hall de l’Albatros, le « diablotin » de la sculpture à l’accueil du VVF, l’épure des photos vintages de Bob Ter Schiphorst, les dunes de Josephine Chevry, les senteurs des grands pins de la Promenade des Vents avec son petit labyrinthe du Labech, partout l’indissociabilité du « vide » et du « plein », et bien sûr, l’élégance de la Grande Pyramide, synthèse esthétique des quartiers du Levant et du Couchant… Bref, la Grande Motte est une oeuvre totale, anticonformiste et vouée à un « idéal solaire ».

 

Christophe Riedel
Journaliste

En savoir plus : Historique de la Grande Motte

Crédits photographiques : © Stéphane Herbert

Textes : Christophe Riedel

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